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Témoignage des parents de … Léopold Imprimer Envoyer

 

Nous sommes les parents de Léopold, 21 ans.

 

En avril 2008, notre fils a vécu, durant 2 semaines environ, des moments qui, selon ses dires, ont été les plus heureux de sa vie, suivis immédiatement des jours les plus sombres qu’il ait connus ! Son langage – au début de cette période – qui s’est avéré des plus éclairé – devint, en quelques jours, incohérent, voire incongru et finalement agressif.

 

Il y eut un grand changement dans son comportement : lui qui restait la plupart du temps enfermé dans sa chambre, à lire, évitant la compagnie et se sentant mal à l’aise au milieu des gens dans la rue, se mit à sortir inconsidérément, à marcher jour et nuit, même à côtoyer la foule, puis à négliger sa tenue, à ne plus dormir, à n’avoir plus de respect ni pour lui, ni pour sa famille …

 

Ce fut pour nous un choc, un tsunami fondant sur notre vie assez bien organisée, y semant un chaos … émotionnel ! Le secours – étonnamment – nous vînt de Léopold lui-même qui demanda à voir notre médecin de famille. Celui-ci le reçut et fit les démarches nécessaires à son admission à l’hôpital. De là, il fut immédiatement conduit à l’hôpital psychiatrique de Malévoz où il séjourna 4 mois. Au moment de son départ, ce fut un immense soulagement. Il était pris en charge, il était en de bonnes mains, du moins nous l’espérions.

 

Au fil des jours, des semaines et des mois, nous nous sommes « habitués », lors de nos visites à notre fils, à côtoyer d’autres pensionnaires. Nous avons appris à porter un regard plein d’intérêt et de compassion sur ces personnes, à apprivoiser ces maladies psychiques ; moi surtout – la maman de Léopold – qui auparavant craignais plus que tout les gens atteints de ces troubles !

 

Nous n’avons pas eu d’ « aide » à proprement parler pour nous accompagner dans notre détresse et nos peurs, dans notre impuissance face à ce qui nous arrivait. Il nous a fallu puiser de toute urgence dans nos ressources « intérieures », dans notre foi. Ce qui s’est avéré d’un grand secours il faut bien l’avouer. Nous avons quand même bénéficié de quelques rencontres avec le psychiatre de l’hôpital où nous avons été confrontés à des termes tels que « décompensation et troubles psychotiques, hallucinations, délires » , pour aboutir à celui de « schizophrénie », celui-ci en conclusion nous étant « asséné » tout de même avec prudence et délicatesse !

 

L’acceptation de cette sentence et de tout ce qu’elle impliquait : dominer toute peur excessive, garder la foi contre vents et marées, faire confiance aux thérapeutes, aux traitements que Léopold devait suivre, mais par-dessus tout à la Vie, ont été nos objectifs immédiats. Même si une grande tristesse – dénuée pourtant de toute révolte – mêlée de peur et de culpabilité, nous a totalement submergés, nous, parents, et nos autres enfants. Notre seul souci : accepter cette maladie, aimer notre fils et partager son fardeau dans la mesure de nos moyens.

 

Tout un programme … ! Opportunité que nous avons saisie en nous inscrivant au Programme Pro-Famille que le personnel du pavillon nous a conseillé. Il a débuté en septembre 2008. Ce fut un réel enrichissement, même s’il y a eu beaucoup de matière à intégrer. Nos petites cellules grises ont dû faire quelques sévères exercices de gymnastique mentale pour digérer cette nourriture inhabituelle. Mais ça en valait la peine. Par ailleurs, nous n’avons plus eu l’impression d’être seuls face au phénomène de cette maladie qu’est la schizophrénie, face à la culpabilité – normale – qui nous avait assaillis, face à nos peurs et à notre impuissance.

 

A noter aussi que ce qui nous a été d’un grand secours, qui nous a donné force et courage, a été le fait que nous n’étions pas là pour nous épancher ou nous apitoyer sur notre sort, mais pour recevoir ou créer des outils, des supports adaptés aux diverses situations auxquelles nous étions ou pourrions être confrontés. Tout ceci dans une ambiance sereine, amicale, hors de tout jugement.

 

Je nous voyais comme des « guerriers » qui, dans la bataille, ayant perdu des camarades, se relèvent envers et contre tout, laissent résolument les « morts » derrière eux, se regroupent, montent courageusement au front, comptant sur une hypothétique victoire ! Cette comparaison m’a beaucoup aidée à aller de l’avant, à ne pas baisser les bras, à ne pas me décourager. C’est ma façon à moi – sa mère – d’aider notre fils, la meilleure que je connaisse. Celle qui me permet de relever chaque défi.

 

A la fin de son séjour en psychiatrie, Léopold désirait ardemment refaire sa Maturité gymnasiale. Hélas, après une dizaine de jours déjà, il était à bout de forces, hors course. Il prit le temps de se reposer et décida, au bout du compte, de s’inscrire à l’Ecole d’Agriculture de Châteauneuf. Il put commencer directement en 2ème année, dans le domaine de la viticulture. Après 6 mois de cours théoriques, terminés avec succès, il entama une période de stage de 6 mois chez un vigneron. Le soir du 2ème jour, Léopold fit une tentative de suicide. Réanimé, il repartit pour un séjour de 3 semaines à Malévoz. Remis sur pied, il reprit courageusement son stage – 10 h. par jour ! – sous la houlette d’un patron qui l’a guidé, encouragé, instruit avec fermeté mais beaucoup de tact. A son contact et celui de la nature – même si ce fut très pénible – notre fils a peu à peu trouvé une certaine confiance et quelque estime de soi. Parallèlement, il a été suivi par un psychiatre privé, puis un autre du réseau santé-VS qu’il a appréciés et qui ont été une aide non négligeable dans sa … « rééducation ».

 

A la mi-octobre, Léopold a terminé son stage et repris les cours professionnels de 3ème année, à nouveau pour 6 mois. Il va mieux. Il lui arrive plus souvent de se sentir bien, moins angoissé, moins fatigué. Il regarde vers l’avenir et fait même des projets réalistes.

 

Léopold prend régulièrement ses médicaments sans que cela lui en coûte, car il a accepté son « handicap » et s’y intéresse. Assistant à une conférence de Mme Kim Do Cuénod, chercheuse au CHUV, avec son mari, dans le domaine de la schizophrénie, il a énormément apprécié sa présentation de la maladie et a mieux intégré son fonctionnement si déroutant.

 

Enfin, la création, plus que nécessaire, de l’Association Synapsespoir est, en quelque sorte, le « pendant » du programme Pro-Famille. Ce n’est encore qu’un … « nourrisson », mais les … fées ont déposé dans son berceau – à n’en pas douter - les germes de belles réalisations au service de toutes celles et ceux qui sont ou seront concernés par cette maladie.

 

En conclusion, j’ai une devise et un brin d’humour qui me portent en bien des circonstances : « A la grâce de Dieu et … vogue la galère ! » Voilà, voilà. C’est ma façon à moi de témoigner, au nom de mon mari et de notre famille.

 

Espérance et courage à tous !

 

Rue du Château de Mont d'Orge 4 - 1950 Sion - 079/392.24.83

info@synapsespoir.ch - www.synapsespoir.ch

Évènements

Rencontre de Proches

Sion, 14 septembre 2010, 20h00

Présentation sur la

co-dépendance par un

intervenant de la LVT.

 
Journée mondiale de la santé mentale

Martigny 10 octobre 2010

La compagnie " Le Caméléon" de Genève présentera à cette occasion la pièce " Feuille, cailloux...schizo. "

Cette compagnie crée des animations interactives à buts préventifs et informatifs.

Voir www.lecameleon.ch

A bientôt à Martigny !

 
Rencontre de Proches

Sion, 12 octobre 2010, 20h00 au Sacré-Coeur

"Comment puis-je parler autour de moi de ce que je vis ? de la schizophrénie ?"

 
Rencontre de Proches

Fully, 9 novembre 2010, 20h00, 

"Estime de soi" présentation de Mme Yan Lieberek Art-thérapeute

 
Rencontre de Proches

Sion, 14 décembre 2010, 20h00 au Sacré-Coeur

Rencontre  conviviale de fin d'année.